Stefaan Arryn, Chief People Officer d'Ellis Gourmet Burger Stefaan Arryn, Chief People Officer d'Ellis Gourmet Burger
Texte
Patrick Verhoest

En route vers le marché du travail flexible

20 juin 2019
Nous évoluons dans le segment des hamburgers haut de gamme et nous essayons d'être à la hauteur avec notre flotte.
Tout en conduisant une Lexus ES300 hybride sur l'autoroute, Stefaan Arryn, DRH d'Ellis Gourmet Burger, passe en revue les défis du marché du travail dans son secteur.

Stefaan Arryn, Chief People Officer d'Ellis Gourmet Burger, roule ordinairement dans une BMW 520 Touring. «J'ai choisi cette voiture sûre et confortable parce que je suis souvent sur la route», explique-t-il. «Je voyage régulièrement en famille et j'ai besoin d'espace pour mon épouse et mes deux enfants. Cela dit, j'essaie de planifier le plus possible mes rendez-vous professionnels dans nos onze restaurants. Comme ils sont tous situés au centre des villes, j'utilise souvent les transports en commun.»
Stefaan Arryn gère une flotte de vingt-cinq voitures. «Un an après leur engagement, nos managers reçoivent un véhicule de société avec une carte carburant. Une option qui correspond à notre volonté d'être parmi les plus attractifs du marché. Nous sommes un opérateur haut de gamme (nous évoluons dans le segment des meilleurs hamburgers) et nous essayons d'être à la hauteur avec notre parc. Nous proposons essentiellement des Mercedes, des BMW et des Volkswagen. Nous tentons cependant de respecter au mieux l'environnement dans nos choix. Nous suivons les dernières tendances de près et nous espérons pouvoir offrir rapidement des voitures électriques ou hybrides.»

La vogue du statut d'indépendant

Notre chauffeur d'occasion voit venir le temps où l'on ne réfléchira plus uniquement en termes de contrats à durée indéterminée. Il s'inspire à cet égard des Pays-Bas: «Nous travaillons dans un marché du travail qui s'accélère, avec des réactions rapides et des délais courts. Nos effectifs doivent suivre le mouvement. Nous devons conserver un volant de flexibilité et les contrats à durée indéterminée – et même à durée déterminée – sont très statiques. S'ils veulent partir, les travailleurs doivent donner leur démission et effectuer une longue période de préavis. Quand je suis à Amsterdam, je vois de plus en plus de serveurs qui ont un statut d'indépendant. Ils se mettent à la disposition d'une plateforme spéciale qui concilie l'offre et la demande de travail. Les restaurants qui cherchent des renforts pour le lendemain reçoivent la liste des personnes disponibles. Et les serveurs arrivent… C'est une direction que nous allons prendre de plus en plus dans notre pays aussi.»

Changement de mentalité

Stefaan Arryn constate que la Belgique évolue déjà sur certains points. «Dans l'horeca et le commerce de détail, nous avons les flexi-jobs», dit-il. «Les choses bougent. Pas seulement dans mon secteur, mais aussi dans d'autres domaines du marché du travail. Les travailleurs commencent à accepter ces transformations, surtout dans une conjoncture où la demande est importante. De fait, ils ne doivent pas avoir peur de rester sans emploi. Les travailleurs vont changer de poste beaucoup plus vite qu'auparavant. Si, après cinq ans, un manager ne trouve plus de défi chez nous, il est d'ailleurs préférable qu'il s'en aille au lieu de s'encroûter pendant dix ans encore sans plus éprouver aucune passion. Nous avons besoin de modifier notre état d'esprit: les Belges ont tendance à s'installer dans le confort et à éviter les défis.»

Des projets plutôt qu'une carrière

Selon Stefaan Arryn, nous sommes encore trop nombreux à imaginer notre fonction comme menant à long terme à la retraite. «Le marché est en train de changer. Les salariés commencent à prendre des risques calculés et choisissent des projets de deux ans et même, des contrats à durée déterminée. Dans notre secteur, l'État à bien répondu à cette évolution en prévoyant les flexi-jobs et en favorisant le travail étudiant.» Selon le DRH, cette tendance ne s'arrêtera pas, en tout cas pas dans l'horeca et le commerce de détail. «Les carrières dans la même organisation vont raccourcir et les salariés vont changer de fonction en interne et à l'extérieur. Une entreprise comme la nôtre est emblématique de cette évolution: nous subissons en permanence des hausses et des baisses d'activité. L'année dernière, 1.100 personnes ont travaillé pour nous, ce qui revient en moyenne à 330 temps pleins. Un vendredi ensoleillé, tout change par rapport à la veille. La terrasse va s'ouvrir et le week-end se profile. Nous avons donc besoin de renforts que nous devons engager rapidement. La situation est la même dans un supermarché. Si on prévoit des barbecues le lendemain, le magasin aura besoin d'extras.»

Pénurie

Le Chief People Officer détecte une deuxième tendance dans le monde RH. «En temps de pénurie, les entreprises changent leur fusil d'épaule et accordent moins d'importance à l'expérience et à la technicité. C'est une évolution positive. Il ne faut pas s'arrêter aux diplômes et ne pas se braquer sur le cursus pour engager quelqu'un. Le nouveau salarié pourra toujours être formé; il doit donc avant tout être motivé, avoir la bonne attitude et être prêt à apprendre. Nous le faisons depuis plusieurs années.» Pour Stefaan Arryn, il faut aussi oser se poser la question de l'expérience. «Passer vingt ans à faire la même chose, est-ce aussi fructueux qu'alterner les emplois pendant quelques années et par là même, avoir dû résoudre des problèmes différents?»

Habitude

En garant la Lexus, Stefaan Arryn revient sur le problème de l'automobile. «Le coût salarial est très élevé dans notre pays. Raison pour laquelle nous avons autant de voitures de société. Je suis aussi responsable de la France et des Pays-Bas et là-bas, cette thématique n'a pas cours. Nous avons pris l'habitude d'utiliser cette solution pour augmenter le salaire net. En même temps, la voiture de société me permet aussi de répondre aux souhaits individuels des salariés.

Lexus ES300h Hybride

Disponible à partir de: 47.990 euros
Émissions de CO2: 100 g/km
Taxe de circulation: 326,08 euros
TMC: 867 euros
Volume du coffre: 454 litres
Consommation: 4,4 l/100 km (mixte)
Puissance: 218 CV
Puissance fiscale: 13 CV
Déductibilité fiscale: 90%