Le bien-être des individus, le bien-être des organisations
Texte
Francois Weerts

Le bien-être des individus, le bien-être des organisations

1 janvier 2021
La pandémie va-t-elle tout changer? Est-elle l'accélérateur des transformations dont on sent qu'elles sont à l'œuvre depuis plusieurs années? Dans son dernier ouvrage tout juste paru, Le paradis du consommateur est devenu l’enfer du travailleur, Denis Pennel pointe le doigt sur une prise de conscience, accélérée par la «cure de désintoxication qui nous a été imposée par le covid-19».

La pandémie va-t-elle tout changer? Est-elle l'accélérateur des transformations dont on sent qu'elles sont à l'œuvre depuis plusieurs années? Dans son dernier ouvrage tout juste paru, Le paradis du consommateur est devenu l’enfer du travailleur, Denis Pennel pointe le doigt sur une prise de conscience, accélérée par la «cure de désintoxication qui nous a été imposée par le covid-19».

 «La crise a mis en lumière le fait que notre modèle productiviste, linéaire, fondé sur quatre logiques – extraire, produire, consommer, jeter – ne pouvait plus durer.» Il en exprime un souhait: celui de repenser notre conception de la société pour qu'elle redevienne plus inclusive et équitable.

Son propos n'est pas centré sur la défense de l'environnement, mis à mal par ce modèle productiviste. Spécialiste du marché de l'emploi, Denis Pennel fait référence explicitement, dès le titre de son ouvrage, au bien-être des travailleurs, ou plutôt à l'enfer qui les menace (ou dans lequel certains sont déjà plongés). C'est au moins une conséquence de la pandémie: cette préoccupation du bien-être est entrée dans la liste des priorités absolues de nombreuses organisations. C'est le cas chez DEME (lire page 8), la société belge de dragage et de construction d'infrastructures en haute mer. C'est le cas aussi chez AXA (lire page 18). Là, on n'hésite pas à parler de «bonheur au travail». Une notion qu'Elke Aelbrecht, Chief Happiness Officer de la compagnie, considère de façon holistique. «Il faut prendre en compte plusieurs piliers: le corps, l'esprit et le cœur.»

Cette idée des piliers, ou des dimensions, Lionel Barets la reprend à son compte (lire page 12). Mais il l'applique à l'entreprise en tant que telle dont le bien-être doit aussi être une préoccupation. Et il fait la comparaison entre les dimensions de l'être humain (physique, émotionnelle, mentale et spirituelle) et celles de l'organisation qui sont toutes du même ordre. Sa réflexion nous invite surtout à accepter l'existence de niveaux de besoins différents et complémentaires. «Si certains niveaux ne sont pas suffisamment nourris, c’est l’ensemble de l’équilibre qui est menacé. Ce trouble laisse une porte ouverte au chaos, au stress et au mal-être. En veillant à prendre soin de chacune de ces dimensions, l’être humain, comme l’entreprise, augmente sa capacité à trouver la sérénité et à affronter les différents obstacles sur son chemin.»