Les Belges n'ont pas envie de s'expatrier

12 juillet 2022

Les salariés belges sont les moins susceptibles de partir à l'étranger, selon une étude de Cigna qui se penche sur la santé et le bien-être des travailleurs à travers le monde. La grande majorité des expatriés sont épuisés, stressés et réévaluent leurs priorités de vie et de travail dans le sillage de la pandémie. On peut d'ailleurs prévoir que les employeurs pourraient avoir du mal à pourvoir les missions à l'étranger à l'avenir.

Les salariés du Benelux sont donc parmi les moins susceptibles de vouloir déménager à l'étranger (11 %), juste après les Japonais (5 %). Cela correspond au stéréotype des Belges très attachés à leur pays.

Outre cette difficulté à s'éloigner de chez soi, qui semble inhérente à la main-d'œuvre belge, le rapport révèle également que les niveaux de stress des expatriés ont atteint un niveau record.

• 90 % d'entre eux se déclarant stressés, ce qui est nettement plus élevé que les personnes vivant sur leur marché d'origine (77 %).

• Ce qui est peut-être plus inquiétant, c'est que 98 % des personnes interrogées ont ressenti des symptômes d'épuisement professionnel, probablement dus à l'incapacité de se détacher du travail.

• Les expatriés éprouvent en outre un sentiment d'isolement accablant.

• 87 % d'entre eux déclarant se sentir impuissants, piégés ou vaincus.

• 86 % se sentant détachés ou seuls.

Il semble que l'hésitation des employés belges à s'expatrier soit renforcée par le fait que la vie d'expat n'a pas été facile au cours des deux dernières années et demie.

Trouver de nouvelles solutions

L'enquête de Cigna a également révélé qu'une large majorité de la population expatriée privilégie désormais le style de vie. Conséquence: les expatriés souhaitent être envoyés dans des endroits beaucoup plus proches de chez eux. En particulier pour les expatriés qui vivent à l'étranger depuis longtemps (3 ans ou plus), le fait d'être plus proche de la famille prend plus d'importance.

Arjan Toor, PDG de Cigna Europe, confirme que les employeurs sont confrontés à un véritable défi pour répondre à ce changement de style de vie. «Les organisations devront réévaluer la façon dont elles structurent les affectations des expatriés», commente-t-il. «Elles devront trouver des solutions telles que des missions d'expatriation plus courtes, des procédures de sélection et de préparation adaptées, et devront reconsidérer les avantages (liés à la santé mentale) qu'elles offrent, créant ainsi un système d'expatriation plus hybride.»

Photo: Jose Francisco, Fernandez Saura, via Pexels