Le marché de l’emploi est en ébullition

19 janvier 2022
Le marché de l’emploi est en ébullition

Après une nouvelle année mouvementée, le marché du travail connaît un regain d'activité sans précédent. Avec des chiffres du nombre d’offres d’emploi stratosphériques. Pourtant, un employé belge sur trois affirme avoir plus de mal à trouver un job approprié qu’avant la pandémie.

Dans un premier temps, l’incertitude engendrée par la crise du coronavirus a entraîné un essoufflement du marché du travail, avec moins de candidatures et de recrutements. Logique: les entreprises étaient plus soucieuses de leur survie que de leur développement. Cependant, depuis un an, la touche avance rapide a été enfoncée: les entreprises sont plus que jamais à la recherche de nouveaux talents.

Cette tendance est clairement perceptible dans le nombre de postes vacants. Ainsi, en décembre 2021, le Forem a diffusé 39.068 offres d’emplois, soit 63% de plus par rapport à décembre 2020. Du coup, d’après le bilan 2021 diffusé par le Forem, le niveau du chômage serait revenu à celui d’avant la crise.

L'état de la pénurie

Quels sont les secteurs qui ont le plus besoin de main-d’œuvre aujourd’hui?

• L’industrie manufacturière (+28%),

• le secteur du commerce de gros et de détail (+43%),

• les services aux entreprises (+13%),

• le secteur de la construction (+26%),

• l’horeca (+69%).

Sur l’ensemble de l’année, le Forem a ainsi diffusé 412.767 offres, contre 350.824 en 2020.

En Flandre, les chiffres sont tout aussi spectaculaires. Le VDAB assure que le nombre d’offres d’emploi a augmenté en moyenne de 37,5% en octobre 2021 par rapport à octobre 2020.

Problèmes à l'horizon

Mais tout n’est pas rose pour autant. D’abord, parce que le taux de chômage se maintient, en Wallonie, à un niveau préoccupant malgré cette embellie. À la fin décembre 2021, la Région comptait en effet 195.036 personnes au chômage. Ce qui représente 12,6% de la population active.

De plus, une étude menée récemment par Robert Half, démontre qu'un employé belge sur trois a plus de mal à trouver un emploi approprié qu'avant la pandémie. Pour quelles raisons? Les candidats estiment que:

• peu de postes vacants sont disponibles (43,9%),

• que les postes vacants ne correspondent pas à leurs compétences ou à leurs qualifications (21%),

• ou que les conditions générales de rémunération se sont détériorées par rapport à avant la pandémie (25,9%).

Il est surprenant de constater que ce sont surtout les femmes qui pensent que l'offre actuelle de postes vacants requiert des compétences qu'elles ne possèdent pas (25,6% de femmes contre 14,9% d'hommes). Par ailleurs, 37,5% des plus de 55 ans estiment que les jeunes ont l'avantage d'avoir une meilleure maîtrise du numérique, ce qui est bénéfique pour certains postes vacants.

«Cette disparité est pour le moins curieuse», s’étonne Joël Poilvache, directeur de Robert Half. «Cela dit, malgré la multitude d'offres d'emploi, il y en a beaucoup qui sont centrées sur des profils spécialisés, par conséquent plus difficiles à pourvoir. Pour les emplois plus généraux, les candidats en lice sont plus nombreux. Ce qui signifie qu’un plus grand nombre de candidats n’obtiendra pas le poste.» D’où ce sentiment d’avoir plus de difficultés à retrouver un emploi…

Joël Poilvache voit un autre phénomène à l’œuvre: les candidats savent qu'ils sont demandés et, dès lors, leurs attentes ont changé. «Cependant, du côté des employeurs, tous ne sont pas toujours disposés à y répondre de manière favorable et une candidature peut être rejetée pour cette raison. Cela peut renforcer la sensation qu'il est désormais plus difficile de trouver un emploi.»

Le directeur de Robert Half recommande dès lors aux employeurs comme aux candidats de revoir leurs attentes respectives. «Si certaines compétences manquent, il est toujours possible de former les nouvelles recrues. Et les candidats devraient essayer de ne pas se braquer sur la proposition salariale.»