La crise a un impact sur la relation entre employeurs et employés

19 novembre 2020
Texte
Jo Cobbaut
La crise a un impact sur la relation entre employeurs et employés

La crise a influencé la manière dont les organisations réfléchissent à leurs talents. L'étude de l'Antwerp Management School, menée en collaboration avec la FEB et HR Pro (Impact de la crise du coronavirus sur le capital humain dans les organisations) révèle que la pandémie a eu une influence sur la nature de la relation entre les employeurs et les employés (lire aussi notre brève sur l'engagement, priorité des employeurs).

Ainsi, 54% des employeurs affirment avoir plus confiance dans leurs salariés qu'avant la crise (11% ont moins confiance). Leur foi dans l'intégrité de leurs travailleurs (ils font ce qu'ils disent et ils disent ce qu'ils font) et dans leurs compétences (ils sont capables de faire ce qu'ils doivent faire) reste inchangée. Mais la perception de la bonne volonté du personnel par rapport à l'organisation a augmenté pour 28% des répondants.

Kathleen Vangronsvelt (professeure de l'Antwerp Management School) constate plusieurs changements dans le contrat psychologique entre employeurs et employés. «On attend par exemple de la part des salariés qu'ils organisent eux-mêmes leur travail, et ceci, sans leurs collègues mais avec leur famille autour d'eux. Le fait que la confiance des employeurs dans leurs collaborateurs a augmenté après une telle crise ne peut avoir que des conséquences positives dans les relations futures les uns avec les autres.»

Formules souples de travail

Plus de la moitié des employeurs (58%) sont aujourd'hui plus positifs à l'égard des horaires flexibles. Il s'agit visiblement d'un effet concret de cette hausse de confiance. Autre exemple: la facilité relative avec laquelle les employeurs parviennent à concilier l'autonomie et le contrôle. À peine 8% des répondants reconnaissent qu'ils parviennent difficilement à trouver cet équilibre dans leur organisation. Il faut remarquer que le contrôle des heures prestées par l'employeur a baissé dans un tiers des organisations (contre une augmentation dans 7% d'entre elles). Le suivi des résultats diminue beaucoup moins (13% en baisse, 18% en hausse).

«Attention», prévient Kathleen Vangronsvelt, «il reste essentiel de surveiller les résultats des salariés. Si on ne le fait pas, leur santé mentale risque de se dégrader. Certains employeurs veulent ménager leurs collaborateurs parce qu'ils évoluent dans une situation difficile (équilibre vie privée et vie professionnelle, solitude…). Mais ne pas poser de question sur un délai dépassé ou sur une tâche oubliée affaiblit le sens que le salarié peut trouver dans son travail. Il peut avoir l'impression que faire son travail ou non importe peu. Ce qui n'est pas bon pour sa santé mentale.»