La confiance des candidats tiédit

30 novembre 2022
Texte
Francois Weerts

La confiance des candidats actifs sur le marché du travail tiédit, selon Michael Page. En septembre 2022, 55% d’entre eux se disaient confiants en leur avenir professionnel, contre 58% en décembre 2021. Néanmoins, la demande reste relativement stable.

Crise de l’énergie, inflation, crise du pouvoir d’achat… l’incertitude mine la confiance des travailleurs dans leurs perspectives professionnelles. «L’indice de confiance dans les perspectives professionnelles des candidats à l’emploi s’est légèrement détérioré ces derniers mois», explique Grégory Renardy, directeur exécutif de Michael Page Belgique. «Cela pourrait indiquer que l’incertitude liée à l’actualité rend les candidats plus frileux à la perspective de se lancer dans la recherche d'un nouveau poste. Néanmoins, bien que la situation puisse sembler négative, il est important de prendre en compte le nombre d’offres d’emplois publiées (+20% par rapport à la même période l’an dernier) ou de recrutements effectués par des cabinets spécialisés, qui demeure généralement élevé. Ces indicateurs montrent que le marché reste favorable aux candidats.»

Trois recommandations pour les recruteurs

Lors d’une table ronde organisée par Michael Page, des responsables des ressources humaines du secteur des services ont fait part de la pression grandissante à laquelle ils faisaient face, et ont évoqué des pistes de solutions afin de continuer à attirer et retenir les talents.

«La perspective de pressions économiques croissantes est un challenge additionnel pour la gestion des ressources humaines», explique Grégory Renardy. «L’indexation des salaires effective en janvier, à laquelle s'ajoute une inflation record en Belgique, fait que les entreprises ont peu de marge pour rendre les avantages sociaux plus attrayants. Certains avantages, comme les voitures de société, deviennent de plus en plus coûteux avec la politique de voitures vertes, mais beaucoup de travailleurs y restent très attachés. Le package salarial n'est plus un argument suffisamment fort pour attirer les talents, il faut donc travailler sur d’autres aspects: le contenu du travail, la relation avec la direction...»

Que faire? Grégory Renardy partage trois recommandations pour les recruteurs.

1. Renforcer la culture d’entreprise

Il est impératif d'être cohérent entre les messages et l'expérience réelle des candidats et employés. «C'est la culture de l'organisation qui attire les nouvelles recrues. Les entreprises doivent investir dans l'image de marque de l'employeur. Et puis joindre le geste à la parole: il ne faut pas se contenter de publier des slogans sur une affiche.»

2. S’ouvrir à la diversité

La solution se trouve peut-être là où on ne la cherchait pas avant: dans les viviers de talents non explorés, ou en s'adressant à une population vieillissante mais néanmoins encore très active sur le marché du travail. «Il est important de faire évoluer les politiques RH, par exemple en proposant des formations sur le terrain, ou en élargissant l’éventail de types de contrats. C'est aussi l'occasion d'améliorer la diversité.»

3. Faire preuve de transparence et d’adaptabilité

La crise actuelle a des répercussions sociétales que les entreprises se doivent de prendre en compte. Engager le dialogue et trouver des solutions équitables qui adressent – autant que possible – les besoins des employés à différents stades de leur vie peut améliorer la confiance et l’engagement.

Photo: Andrea Piacquadio (Pexels)