L'engagement devient la priorité des employeurs

19 novembre 2020
Texte
Jo Cobbaut
L'engagement devient la priorité des employeurs

Garder les salariés à bord et préserver leur engagement: les employeurs semblent plutôt préoccupés par ces deux priorités que par l'éventuelle nécessité de procéder à des licenciements. C'est ce qu'indique une étude de l'Antwerp Management School, menée en collaboration avec la FEB et HR Pro (Impact de la crise du coronavirus sur le capital humain dans les organisations).

Ces derniers mois, de nombreuses entreprises ont interrompu leur collaboration avec des collaborateurs externes (free-lances, intérimaires, sous-contractants). Elles ont aussi fait appel au chômage temporaire ou ont encouragé leur personnel à prendre des congés. Mais selon la troisième édition de l'étude, datée de la mi-novembre, les sombres prédictions en matière de licenciements ne semblent pas devoir se concrétiser.

Quelques chiffres

• 58,4% affirment qu'ils continuent à engager en 2020 au même rythme qu'auparavant;

• 54,3% ne prévoient pas d'influence de la pandémie sur leur budget du personnel en 2021;

• 34,7% ont planifié moins de recrutements qu'auparavant;

• 48% des PME prévoient moins de recrutements, un chiffre qui est donc plus élevé que la moyenne générale;

• 72% estiment qu'il est peu probable qu'ils devront procéder à des licenciements à cause de la crise.

Pour de nombreux salariés, la pandémie a changé leur travail.

• 1 employeur sur 4 a adapté le travail pour continuer à employer ses salariés;

• 1 employeur sur 4 a prévu des affectations temporaires dans d'autres départements;

• 1 employeur sur 5 donne des tâches alternatives qui tombent en dehors du champ normal de la fonction.

Pendant la phase aiguë de la crise, ces pourcentages étaient un peu plus élevés. À ce moment-là, un tiers des salariés étaient affectés à un autre département interne. C'est surtout le cas des grandes entreprises: au cours du pic, cette méthode concernait 49,2% des employeurs interrogés. Les petites organisations ont plutôt utilisé les modifications dans le travail lui-même (41,4% en ont fait usage au cours du pic).

Opportunités et pistes créatives

«Les employeurs et les employés abordent le travail de façon plus créative, de même que l'organisation flexible du travail et la mobilité interne», assure Monica De Jonghe (directrice générale de la FEB). «Dans les situations normales, nous nous heurterions rapidement à un droit du travail très strict. Mais la crise a démontré qu'on pouvait faire autrement!»

Ans De Vos (professeure de l'Antwerp Management School) note qu'environ un tiers des employeurs affirme que la crise va changer fondamentalement les jobs et les carrières de leurs collaborateurs. «La numérisation mais aussi la flexibilité interne et une certaine évolution de l'ensemble des tâches à réaliser jouent ici un rôle. Les employeurs ont tout intérêt à veiller à ce que leurs collaborateurs soient capables de s'adapter à ces changements. Du coup, la formation est fondamentale.»