L'accord idéal grâce à la technologie

11 juillet 2022

En raison de la pénurie structurelle de talents, les employeurs se voient contraints de rechercher des renforts par de nouveaux moyens. Le VDAB utilise des applications qui ne se limitent plus à chercher les correspondances de diplôme et d’expérience. Elles tiennent aussi compte du potentiel des candidats.

Texte: Jo Cobbaut / Photo: Wouter Van Vaerenbergh

Lors de l'événement HRDesign organisé au début du printemps par HRmagazine, Wim Adriaens, le CEO du VDAB, a présenté les outils technologiques utilisés par le service public flamand de placement.

Tous ces outils ont une finalité majeure: chercher l'accord idéal. «Les modules de correspondance classiques sont basés sur le diplôme, le permis de conduire, les connaissances linguistiques, etc. En revanche, un outil comme Talent API identifie les offres d’emploi sur la base de l’expérience et de la localité», explique Wim Adriaens. De plus, le logiciel met en correspondance les offres d’emploi du site du VDAB. Cette solution d'intelligence artificielle tient compte notamment des synonymes qui figurent dans les offres d’emploi et du comportement de navigation des visiteurs du site pour détecter des emplois similaires. Le système associe globalement et de manière proactive une fonction telle que «responsable des ventes» à des descriptions de fonction telles que «vendeur» ou «représentant commercial», qui requièrent une expérience et des compétences similaires, mais que les demandeurs d’emploi ne recherchent peut-être pas eux-mêmes.

Utilisation interne

Le VDAB utilise également des outils de correspondance pour permettre à ses collaborateurs d’être plus efficaces et plus productifs. «Un outil nous permet d’identifier rapidement quels profils décrocheront facilement, moins facilement ou très difficilement un emploi», déclare Wim Adriaens. Les opérateurs du VDAB contacteront moins vite et à une moindre fréquence les demandeurs d’emploi qui, selon toute vraisemblance, trouveront rapidement un emploi. «Le profilage est correct dans 65% des cas. De cette façon, nous ne dérangeons pas inutilement les demandeurs d’emploi et nous pouvons utiliser notre capacité de manière plus ciblée. Mais, malgré cette prise de décision plus performante, ce sont finalement nos agents qui décident», souligne-t-il. Tout le monde est de toute façon contacté tôt ou tard par le VDAB.

Orientation

Avec l’application Orient, le VDAB aide les demandeurs d’emploi à s’orienter vers le type d’emploi qui leur convient. «Ils ne connaissent pas les nombreuses possibilités offertes par le marché et répondent rarement à des annonces reprises sous une étiquette générique du genre collaborateur administratif. Nous tâchons d’élargir leur horizon.» En se basant sur quelques questions, l’application en ligne Orient répertorie les intérêts de l’utilisateur et génère plusieurs métiers envisageables. L’intermédiaire en discute avec l’utilisateur et des questions supplémentaires s’ensuivent, de sorte que les métiers proposés correspondent de mieux en mieux aux intérêts du demandeur d’emploi.

Grâce à l’outil Jobbereik, le VDAB évalue les compétences et analyse la distance qui existe entre les compétences du candidat et l’exercice de certains emplois. Le système établit ensuite le lien avec des métiers. «Il en résulte une liste des métiers qu’un individu peut exercer, mais aussi une liste des métiers qui sont à sa portée, moyennant une formation. Les employeurs pour lesquels nous ne trouvons pas de correspondance parfaite reçoivent alors des propositions de correspondance à 80% avec les opportunités créées par ces formations spécifiques complémentaires.»

Par ailleurs, le VDAB suit également les évolutions des compétences sur le marché de l’emploi. Wim Adriaens: «Nous analysons les standards de compétence pour savoir s’ils sont toujours d’actualité. Nous examinons les ensembles de compétences liés à certains métiers pour vérifier que le langage que nous utilisons pour les décrire correspond toujours à la réalité des entreprises.»

Le VDAB utilise encore Competent, une banque de données basée sur un modèle qui est également utilisé en France. Elle comporte des profils de compétences professionnelles qui décrivent ce qu’il faut connaître et savoir faire. Elle permet de réfléchir non en termes de diplômes, mais en termes de compétences requises pour exercer un métier.

Services intensifs ciblés

Pour aider certaines personnes à trouver un emploi, un accompagnement intensif (et donc coûteux) est requis. Afin de recourir sélectivement à cet accompagnement, le VDAB explore les possibilités d’un outil permettant d’estimer la probabilité qu’un demandeur d’emploi qui vient tout juste d’obtenir un job se retrouve rapidement à nouveau sur le carreau. Le VDAB a en effet constaté une rotation importante au cours des premiers mois de service. «Nous pouvons compter sur des partenaires qui proposent un coaching», souligne Wim Adriaens. «Nous pouvons accompagner les demandeurs d’emploi au cours de leur période de démarrage, mais il s’agit d’un service intensif.» Les analyses des données doivent permettre de proposer un accompagnement efficace.

Le VDAB tâchera prochainement de chercher des modèles dans les données afin de voir quels parcours professionnels alternatifs les demandeurs d’emploi pourraient suivre. Supposons qu’un travailleur actif dans le secteur des soins de santé ne soit plus en mesure de continuer à travailler de la même manière. Dans ce cas, il peut être intéressant de voir ce que d’autres travailleurs ont fait dans cette situation. «Les recherches actuelles à ce sujet sont encore rares.»

Gestion des offres d’emploi

Le VDAB souhaite également examiner s’il existe une possibilité de remédier aux offres d’emploi qui restent ouvertes trop longtemps. Les contacts avec les employeurs permettent d’évaluer s'ils ne sont pas trop exigeants. Certains profils alternatifs peuvent peut-être répondre à ses besoins. «Nous voulons tenter de prédire quels sont les postes qui resteront longtemps vacants. Nous examinons également les tendances, afin de voir quelles formations sont nécessaires à l’heure actuelle pour les compétences qui seront requises dans quelques années.»

Le VDAB utilise de plus en plus d’applications. «Nous disposons d’une bonne équipe de spécialistes qui ne manquent pas de travail pour en assurer le suivi et les tester, par exemple, au niveau des biais», conclut Wim Adriaens. «Nous avons également mis en place le suivi de l'implémentation de ces programmes. Il faut en effet garantir que l'investissement de nos investissements.»

En réalité, beaucoup de choses sont concevables, mais il faut continuer à effectuer des tests pour détecter des résultats illogiques dans des contextes qui ne cessent d’évoluer. Le risque de données contaminées existe toujours. «C’est pourquoi on peut dire que ces systèmes ne décident rien, ils offrent juste un soutien.» ¶

ID

Wim Adriaens

Fonction

CEO du VDAB